L'équilibre.
J'ai l'impression qu'on cherche le meilleur, en permanence. L'équilibre, entre toutes les choses qui construisent et font notre vie.... On fait des choix, on ajoute, on enlève, on modifie.... On se stabilise, tout roule, et puis un nouveau déséquilibre apparaît, un enfant qui nait, deux loulous qui grandissent, un travail, un autre, des activités, des sorties, des maladies plus ou moins graves et plus ou moins prévues, des organisations qui se mettent en place et se défont selon les priorités et les besoins de chacun qui évoluent.... On s'adapte au fur et à mesure, en tâchant de faire au mieux et d'écouter chacun, grands comme petits.
Et puis.
Et puis à quelques semaines d'intervalle, un ou deux morceaux trop gros. Un déséquilibre trop grand. On ne l'a pas vu venir pourtant à postériori il était prévisible. Et on rattrape comme on peut, parce qu'on s'adapte toujours en permanence, mais sans se rendre compte que l'ensemble se déséquilibre encore plus. Une grosse chose et une deuxième, plein de petites par dessus. Et toutes celles à venir dont on parle déjà.
Des d'angoisses qu'on essaie de mettre en mots, des manques qu'on essaie de combler, des douleurs qu'on essaie d'apaiser, de la fatigue qu'on tente de reposer.
Là dessus le pas de chance qui n'est que la balle en plus qui tombe ou qui s'ajoute du mauvais côté et qui finit de déstabiliser le drôle d'équilibre retrouvé.
Un équilibriste pourtant pas casse cou, mais qui tombe trop fort et de trop haut.
Un bras en trois morceaux, une nuit aux urgence, un petit déposé chez une voisine, l'autre au bloc opératoire, et moi toute seule qui ne sait plus trop comment poser mes deux pieds pour trouver et retrouver mon propre équilibre....
Durant mes deux dernières nuits quasi blanches, entre les pleurs, les anesthésies, les médicaments, les câlins et les divers cauchemars, j'ai pensé plusieurs fois à ce jeu d'équilibre et à ce petit clown.
Un peu de lucidité plus tard j'y trouve un brin de sens.