lundi 4 mai 2015

deux frères


Petit bonhomme devient grand, à l'écoute, posé et calme. Facile, il écoute et fait, sans crise, tranquillement, avec des "oui maman, attend je finis " qui finit seul et vient. Un petit clown qui sait détendre en faisant le pitre, un gros câlin qui sait se blottir et dire "maman je t'aime" à n'importe quel moment. Des petites mains qui se transforment en araignées-papotis, ou araignées-chatouilles, des petites joues qui prennent les bisous quand on les proposent, des petites lèvres qui en donnent à tire larigo. A l'écoute de mon temps, de ce que je peux lui donner. Il parle toujours mieux toujours plus, il explique et réfléchit. Le temps qui passe est encore flou mais il y a hier et demain. Hier Gaëtan est tombé, demain papa revient. Et il sait laisser parler et pleurer son frère en jouant tranquillement, à l'écoute de ses besoins à lui sachant que je lui donnerais le temps dont il a besoin quand je serais un tout petit peu plus disponible.
Un grand bonhomme qui prend sur lui, beaucoup, qui fait énormément de choses (peut être trop) avec son seul bras valide, mais qui à côté de ça déborde d'angoisses et de questions, de peurs et d'inquiétudes. Qui s'efforce de tout réussir sans la moindre erreur (ce qui est pour moi la plus grosse), qui se vexe comme un pou dès qu'il fait une bêtise, déçu de lui-même, et qui parallèlement semble avoir besoin d'en faire pour pouvoir venir pleurer dans mes bras. Mal dans son bras et dans son corps, se sentant "tout cassé", ayant peur de grandir et de vieillir, peur de ce qui se casse chez lui et ne se répare pas. L'envie d'être un crocodile qui a de la chance puisqu'il peut avoir des dents qui repoussent sans cesse. De ne jamais avoir d'enfant pour ne pas devenir vieux et ne pas mourir.
Peur de ce petit frère qu'il voit faire de plus en plus de choses, d'autant plus habile et vivace qu'il ne peut plus lui courir après. Maintenant son "autorité" par un rapport de force qu'on a toujours cherché à éviter, tapant et criant avec une violence qui me tord le ventre.
Qui réfléchi, beaucoup.

Et ses questions et angoisses réveillent les miennes....
Le temps qui passe est l'une de mes bêtes noires.
Je crains ces jalousies et ces rivalités entre frères. Je connais celles des sœurs, elles marquent et malgré le débordement d'amour mettent du temps à s'effacer.
Que sont celles de deux frères ?  

2 commentaires:

Laurence a dit…

J'imagine que la rivalité sera passagère, le temps que Gaëtan s'habitue aux nouvelles capacités de son frère - et elle reviendra sûrement plus tard.

Pour Joachim qui a du mal dans les relations avec les autres enfants, et qui réagit par la violence, ce qui "marche" c'est de lui dire que son sentiment est normal, que c'est dur de devoir faire de la place aux autres, que ce n'est pas facile quand les copains ne sont pas d'accord, etc ... mais qu'il faut trouver d'autres solutions que la violence.
et répéter sans arrêt ... épuisant.

titbeurre a dit…

Oui, on fait ça aussi. Leurs sentiments sont légitimes, mais frapper (quelqu'un ou un objet) ne résout pas les conflits. Remarque j'ai un gros oreiller pour frapper, des fois ça fait du bien aussi et ça évite la tristesse d'avoir cassé quelque chose, mais je ne pense pas à le sortir assez souvent....
On tâche de (faire)dire les choses, même dures à entendre, pour ne pas avoir besoin que les sentiments s'expriment par la violence aussi.
Mais, mais là après le retour à l'école, je crois qu'il y avait trop, trop de frustration.
Et oui, c'est sûrement passager..... ou épisodique...